Du chèque aux solutions de paiement innovantes, retour d’expérience – Eddy COMBIER

28
juin
Il y a 9 mois
Auteur Par SSP
Dans Non classé

Entretien avec Eddy COMBIER, Directeur Général de SSP

Comment se porte le chèque en 2018, alors que le secteur des paiements connaît une profonde transformation digitale ?

Le chèque demeure encore un moyen de paiement fortement utilisé en France et constitue le 4ème moyen de paiement le plus utilisé, derrière la carte, le virement et le prélèvement. Depuis de nombreuses années, les rapports d’experts se succèdent pour annoncer sa mort sans pour autant la précipiter. La réalité est que, bien qu’il soit en décroissance, sa résistance s’explique par des raisons structurelles et un manque d’alternatives.

Comme vous le savez, beaucoup de personnes utilisent encore leur chéquier lorsqu’il s’agit de régler des montants élevés non-payables par carte, des paiements différés, des paiements de caution, des remboursements entre amis ou simplement par habitude. C’est ce qui explique en partie qu’en 2017,  le chèque représente toujours 12% des paiements scripturaux soit 2,14 milliards de paiement.

Eddy COMBIER- Directeur Général de Score & Secure Payment

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Pouvez-vous nous dresser un état des risques auxquels sont confrontées les entreprises lorsqu’elles acceptent les paiements par chèque ?

En matière de fraude, le chèque présente comme particularité de n’utiliser que la signature du payeur comme unique moyen d’authentification. Les commerçants ne disposent d’aucun outil pour vérifier la véracité du chèque ou le versement effectif des fonds.

Il est fréquent qu’un commerçant dépose un chèque à sa banque alors que l’émetteur ne dispose pas de la somme suffisante, Ils se retrouvent alors obligés d’entamer de nombreuses tâches opérationnelles répétitives et coûteuses : frais bancaires, gestion administrative, relances, frais de recouvrement….

Concernant la fraude, la fin d’année 2017 a été marquée par une recrudescence de faux chèques. Vol, falsification ou contrefaçon, la fraude a représenté dans son ensemble une perte nette de 272 millions d’euros pour les entreprises en plus des coûts externes et internes de traitement. Plus précisément, le montant moyen d’un chèque fraudé était de 2 300 euros. A titre d’exemple, pour une entreprise qui génère 10% de marge, cela se traduit par un chiffre d’affaires supplémentaire à réaliser de 23 000€ pour couvrir cette perte.

Et comment faîtes-vous pour sécuriser les transactions ?

Nous avons décidé d’orienter notre stratégie de détection de la fraude vers une connaissance fine de nos clients avec l’intégration de nouvelles technologies avancées telles que le machine learning ou l’intelligence artificielle. Nous sommes donc en mesure de faire face à des schémas de fraudes classiques mais également d’avoir un temps d’avance face à des situations inconnues susceptible d’être frauduleuses.

Pour cela, nous avons placé la technologie au cœur de nos dispositifs de lutte contre la fraude. Chaque fois qu’un client effectue une transaction par chèque, il génère une masse de données numériques (le numéro du chèque, la date, le lieu, le montant, le type de produit…). Notre système de Score appelé « Scoring 3.0 » est capable de détecter les informations pertinentes et d’établir des corrélations entre elles à partir d’un large volume de données générées et traitées à grande vitesse. Nous pouvons ainsi détecter les comportements à risques et frauduleux des clients.

Quel avenir présagez-vous pour ce moyen de paiement historique ?

Peu à peu des moyens de paiements alternatifs émergent mais ils ne captent qu’une partie des usages associés au chèque. Pour notre part, nous avons lancé le premier service de paiement par compte bancaire 100% digital : SAFEDEBIT. Il offre des fonctionnalités de paiement avancées (comptant, différé, plusieurs fois, livraison, abonnement, caution, encours, carte privative) tout en satisfaisant les besoins des entreprises : simplicité, sécurité et garantie.

Cette solution de paiement mix « Push (virement) & Pull (prélèvement)» répond à tous les besoins de paiement des entreprises sans être reliée à un système de paiement par carte bancaire. Nous offrons ainsi la possibilité aux entreprises commerçantes de passer au paiement digital en intégrant la fonction de paiement à moindre coût dans leur application mobile, sur leur carte de fidélité ou bien simplement en téléchargeant l’application mobile.

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